Recherche

Adapter les infrastructures au dégel du pergélisol

Sentinelle Nord présente les recherches de Pascale Roy-Léveillée, professeure au Département de géographie et titulaire de la Chaire de recherche en partenariat sur le pergélisol au Nunavik.
Le paysage du Nunavik est transformé par les changements géomorphologiques causés par le dégel du pergélisol.

Les changements géomorphologiques causés par le dégel du pergélisol transforment le paysage, comme en témoigne la formation de mares de thermokarst. 

Crédit photo : Emmanuel L'Hérault

Les changements climatiques sont visibles à l’œil nu sur le paysage du Nord, mais aussi sur les infrastructures. Des équipes de Sentinelle Nord développent des solutions pour mitiger les effets de ces bouleversements sans précédent.

Dans l’une des quatorze communautés nordiques du Nunavik, le temps presse. Une personne gravement accidentée doit être évacuée de toute urgence vers le Sud par avion, seule liaison rapide et efficace. Seul problème : l’avion est incapable d’atterrir sur la piste, car elle démontre depuis peu des signes de dégradation préoccupants. En grande partie la faute au réchauffement climatique, quatre fois plus rapide dans les régions arctiques que dans le reste du monde1, qui a précipité le dégel du pergélisol sur lequel l’infrastructure est bâtie.

Bien que 100% fictif, ce scénario ne relève pas de la science-fiction. « L’aéroport doit fonctionner dans ces communautés; c’est une question de sécurité publique », fait valoir Jean-Pascal Bilodeau, professeur au Département de génie civil et de génie des eaux de l’Université Laval et titulaire de la Chaire de recherche Sentinelle Nord en partenariat sur les infrastructures nordiques. Ses travaux portent sur le développement d’infrastructures innovantes, résilientes et durables dans un Nord en transformation. « Certains facteurs qui, jadis, étaient peu pris en compte dans la construction des infrastructures, comme un climat en évolution, sont désormais déterminants. »

C’est le cas du tassement et de l’affaissement des sols jadis gelés en permanence. Ces phénomènes dits thermokarstiques sont au cœur des intérêts de recherche de Pascale Roy-Léveillée, professeure au Département de géographie de l’Université Laval et titulaire de la Chaire de recherche en partenariat sur le pergélisol au Nunavik. « Les changements géomorphologiques sont visibles à l’œil nu, sur les infrastructures, mais aussi sur les paysages, précise-t-elle. Comme ils ne se manifestent pas partout de la même manière, il y a un réel besoin de caractériser le pergélisol. »

Lire l'article sur le site de Sentinelle Nord

21 février 2025